L'AEHMO est née d'une exposition organisée à Lausanne, en 1979, pour le cinquantenaire du Cartel syndical vaudois. En effet, les commissaires avaient constaté la difficulté de réunir de la documentation et la dispersion des archives syndicales. Ils avaient également pu mesurer combien les manuels d'histoire ignoraient les références au mouvement ouvrier.
Convoquée par Roland Rapaz, l'assemblée constitutive représentait une trentaine de personnes, lausannoises pour la plus part, militants syndicaux, enseignants d'histoire et quelques rescapés d'un groupe d'historiens qui, dans les années 1968-1971, avaient déjà constitué un premier cercle d'études sociales. En 1980 un dépôt d'archives est établi au Département des manuscrits de la Bibliothèque universitaire de Lausanne-Dorigny et un groupe de travail est lancé pour des recherches bibliographiques.
Présidée dès 1982 par l'historien Pierre Jeanneret, l'AEHMO a publié un Cahier annuel d'histoire du mouvement ouvrier, modeste revue dactylographiée, dont le numéro 1 sortit en 1984. Le numéro 5 prit la forme d'un livre de 260 pages, «Les origines du socialisme en Suisse romande 1881-1920», réunissant une dizaine de contributions à l'occasion du centenaire de Parti socialiste suisse. Quand Pierre Jeanneret quitte la présidence, en 1989, l'association a largement dépassé la centaine de membres et étoffé son fonds d'archives.
Sous la direction de Pierre Chessex, l'AEHMO noue une collaboration durable avec les Editions d'en bas. L'éditeur Michel Glardon fera imprimer et sera le diffuseur de notre Cahier annuel qui prend de l'épaisseur et se revêt d'une jaquette blanche et noire. Le scandale des fiches offre la possibilité d'organiser avec la chaire d'Histoire contemporaine de l'Université de Lausanne une journée de colloque et de publier en 1992 «Cent ans de police politique en Suisse 1889-1989». Durant cette présidence, quelques efforts ont été faits pour améliorer l'accès à notre fonds d'archives en engageant quelques archivistes en formation (voir le livre publié par la BCU, Marylène Roblin, Inventaire du fonds François Graff, 1995).
Avec la venue en 1996 de Charles Heimberg à la tête de l'AEHMO, les Cahiers sont devenus thématiques, quasi académiques selon certains, mais toujours ouverts à tout projet émanant de nos membres. Mouvement ouvrier et Guerre d'Espagne pour le
Cahier 13 , Mémoire pour
le 14 , Archives d'entreprises pour le
16 , ... et la composition a été reprise par Marianne Enchell, permettant de compenser l'augmentation des tarifs postaux. L'association a travaillé en collaboration avec
le Collège du Travail à Genève et c'est dans cette ville que se sont tenus différents colloques qui ont abouti aux publications signalées dans notre rubrique «autres publications». Un accent a été mis sur la coopération avec d'autres organistions pour signaler l'importance de la préservation des archives.
Aujourd'hui l'AEHMO compte plus de 300 membres, un tiers habitant Genève, le second le canton de Vaud, Neuchâtelois, Jurassiens, Fibourgeois et Tessinois occupant principalement le dernier tiers. La cotisation annuelle, qui donne droit au Cahier, est toujours fixée au prix modique de 25 francs. Reste la gestion de notre fonds pour lequel nous manquons de ressources financières, avec l'espoir qu'un jour cette collection parviendra à s'intégrer dans un ensemble plus large, un pendant romand du Sozialarchiv de Zurich, lieu de mémoire pour les acteurs des mouvements sociaux, lieu consacré à la rédaction de l'histoire et bénéficiant d'un financement des collectivités publiques.